Environnement et modes de vie

Le colloque est centré sur les processus produisant et modifiant les modes de vie dans les sociétés économiquement très développées et sur les acteurs (lobbies et contestataires) les dynamisant. Ce colloque traitera tant de ce qui produit ou contraint les usages marchands ou non marchands, que de la manière dont les modes de vie se modifient sous l'influence de facteurs symboliques ou matériels et des normes plus ou moins matérialisées. Les contributions porteront aussi bien sur les déterminants des modes de vie que sur la manière dont les changements, dans la sphère du hors-travail, se concrétisent dans les principaux registres du quotidien dont les enjeux écologiques sont les plus avérés : alimentation, logement, déplacements et loisirs.

Abstract :
Our Meeting "Environment and Lifestyles: Urban and Spatial Dimensions in Everyday life Practices" focuses on processes that shape and modify lifestyles in economically advanced societies and on main Stake Holders (individuals, lobbies or protest movements) who influence their dynamics. The main contributions will deal with the determinants of lifestyles as well as with the ways in which changes occur in the sphere of everyday life, under the influence of either symbolic, material or normative factors. Four main domains of everyday life with high ecological consequences are concerned: food, housing, personal travel and mobility and tourism

 

Perspective générale du colloque

Pour assurer son confort matériel, un Européen déplace en moyenne chaque année 16,5 tonnes de matières premières, de ressources fossiles et de métaux. Certes, on peut constater que la sensibilité écologique fait désormais largement consensus dans les pays industrialisés de longue date. Mais les gains technologiques réalisés par la production industrielle d'objets plus " propres ", moins utilisateurs de matières premières et moins polluants, sont actuellement neutralisés par l'accroissement en volume de la consommation. Par ailleurs, si certains comportements quotidiens semblent, de nos jours, moins dégrader l'environnement (surtout en Europe), ils ne se concrétisent que par des actions fragmentaires, n'ayant que des conséquences correctrices modestes, ou ne concernant souvent que des segments étroits face aux enjeux globaux. Beaucoup de ces produits ou comportements dits " verts " engendrent même des menaces ou des effets secondaires aussi dommageables à l'environnement que ce à quoi ils prétendent remédier. C'est pourquoi la question du changement des modes de vie vers plus de véritable " durabilité " devient si cruciale.

L'analyse en termes de modes de vie diffère, tout en l'englobant et en l'enrichissant, de celle en termes de consommation. D'autant plus que, aux aspects matériels ou utilitaires et aux contraintes / opportunités rencontrées dans la vie quotidienne par tous, s'ajoutent les facteurs symboliques. Le mode de vie ne se réduit pas à l'acte de consommer tel ou tel produit ou à détruire, directement ou indirectement, telle ou telle ressource, mais désigne un usage (qui est aussi usure). Or, les usages ordinaires ont différentes propriétés parmi lesquelles on ne retiendra ici que deux caractéristiques majeures utiles au propos du colloque : ils relèvent d'actions choisies par la personne mais socialement normées et ils ne prennent sens que par rapport aux autres usages constitutifs de la vie quotidienne, lesquels dépendent, à leur tour, des statuts, du cadre de vie - en particulier de l'aménagement d'un territoire de plus en plus urbain - et des positions sociales des personnes.

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